Fondation Baur, Covid-19, fondation confinée

par L'Art à Genève
3 mai 2020

Confinement avec Laure Schwartz-Arenales, directrice de la Fondation Baur, musée des arts d'extrême-orient.

Votre passe-temps favori pendant le confinement ?

Je n’ai pas de « passe-temps » particulier tant les heures sont denses en organisations et projections en tous sens. Il se trouve en plus que je dois me concentrer dans l’écriture et la relecture des textes du catalogue de notre prochaine exposition dont nos éditeurs ont d’ailleurs déjà annoncé la publication : https://lienart2.wixsite.com/lienarteditions/product-page/genèse-de-l-empire-céleste-the-beginning-of-the-world

Comment s’organise la vie de la fondation en ce moment ?

Pendant cette période de confinement le musée télé-travaille du mieux qu’il peut. Nous nous étions en effet organisés suffisamment à temps pour continuer d’avoir accès chez nous à la documentation et aux principaux fichiers qui nous permettent de traiter les différents dossiers et de suivre les projets en cours. Et nous en avons beaucoup ! Depuis quelques jours, j’ai toutefois pu retrouver avec plaisir mon bureau au musée, dans le quartier si fleuri des Tranchées ; j’y assure une présence quotidienne accompagnée, par roulement et à horaires réduits, des membres de l’équipe.

Votre plat préféré ?

Difficile d’en choisir un ; peut-être deux parmi ceux qui ont ravi mon enfance, l’aïoli, le coq au vin. Et puis, des saveurs extrême-orientales, le canard laqué et le sukiyaki, sorte de fondue japonaise.  En dessert, les profiteroles au chocolat… 

Votre série TV ?

Il y a les classiques d’Agatha Christie. Ou encore certaines séries japonaises du matin (asadora 朝ドラ) que j’aimais regarder durant mes années passées sur l’archipel nippon.

Que va-t-il se passer avec le calendrier des expositions ?

Nous faisons tout pour les maintenir. Nous avons certes dû renoncer aux différentes activités du « Printemps Baur » préparées avec notre médiatrice culturelle et qui devaient, entre mars et juin, mettre en valeur nos collections permanentes ; mais nous aurons certainement d’autres occasions de les programmer. Nous sommes actuellement en train de travailler à l’exposition Genèse de l’empire céleste dont j’assure le commissariat avec Jean-Paul Desroches, et qui devrait être inaugurée à la mi-novembre. Bel et rare évènement en perspective que celui d’accueillir à Genève les joyaux de l’exceptionnel ensemble de jades archaïques chinois de Sam et Myrna Myers ! La collection de ce couple passionné d’art extrême-oriental installé à Paris depuis 1966 est née la même année, chez un antiquaire en Suisse, au hasard d’une escapade à Ascona… L’exposition devrait ensuite se poursuivre à Nice, au musée des Arts Asiatiques tandis que nous prévoyons pour le printemps 2021 une présentation d’une petite partie de notre fonds d’estampes japonaises.

Vous maquillez-vous tous les jours pendant le confinement ?

Au moins pour être présentable aux yeux de ceux qui me sont chers et que je côtoie tous les jours …

Quelle importance donnez-vous à la communication via les réseaux sociaux ?

Une importance à la mesure de l’identité et des ambitions de notre musée, qui, je tiens à le souligner, est le seul en Suisse à être exclusivement consacré aux arts de l’Extrême-Orient et qui doit continuer à vivre avec son temps. 

Votre livre de chevet ?

Dans ce temps physiquement loin des objets et propice à la redécouverte, j’apprécie de pouvoir relire les catalogues des collections Baur.

Mettrez-vous en ligne une partie de vos collections ?

Oui, sur notre site que je vous invite à consulter : https://www.fondation-baur.ch/fr/catalogue-des-pieces

Votre coin préféré chez vous ?

Le couloir de l’entrée avec ses bibliothèques de livres et de souvenirs, et, au bout, la vue sur un morceau du Léman, le Salève, des arbres vivifiants.  

Musique ou silence ?

A tour de rôle …

Faut-il repenser la vie du musée ?

Les musées sont toujours en mouvement et cette période extrêmement troublée et troublante s’accompagne bien entendu de remises au point et d’idées nouvelles. Pour ce qui est de la Fondation Baur, ma vision reste claire, et même se confirme : assurer d’abord la préservation, l’étude et le rayonnement des collections, continuer de susciter ainsi dans les murs du musée d’abord, hors les murs également, une rencontre approfondie, intergénérationnelle et sans frontière, avec la beauté et l’intelligence de la main.

Quels sont les points positifs de ce confinement ?         

Peut-être, en ce qui concerne le monde muséal en général, une prise de conscience accrue de ses missions et un questionnement intense sur les moyens de diversifier, voire d’intensifier sa visibilité. A Genève, cette réflexion s’est exprimée par le biais de La #CultureChezVous en 60s! une initiative concrète, co-organisée par la Fondation Genève Tourisme & Congrès et le Département de la culture et du sport à laquelle ont pris part, ensemble et solidaires, de nombreuses institutions. Dans ce cadre, j’ai choisi de m’attarder sur le jardin japonais du musée en valorisant les circulations entre l’intérieur et l’extérieur, l’œuvre d’art et la nature. https://www.facebook.com/pg/fondationbaur/videos/?ref=page_internal    /   https://museesdegeneve.ch/musees-chez-vous/

Dans le même esprit, par le biais de petits films en accès libre sur notre site, nous avons pu proposer un aperçu de deux de nos récentes expositions, « 1000 ans de monochromes » (2018) et « De terre et de soie » (2019-2020) : https://www.fondation-baur.ch/fr/expositions/mille-ans-de-monochromes  /   https://www.fondation-baur.ch/fr/expositions/de-terre-et-de-soie