Joerg Bader

by L'Art à Genève
22 mai 2019

Directeur du Centre de la photographie Genève

Votre rôle dans le monde artistique ? 

Artiste, critique d'art, auteur, éditeur, enseignant et commissaire d'exposition. 

Je comprends mon travail d’artiste comme une critique qui trouve des formes plastiques, écrites, radiophoniques, éditoriales et curatoriales.

Quel a été le déclic ? 

En voyant à 16 ans La Salamandre d’Alain Tanner, je voulais devenir metteur en scène de cinéma.

Aujourd’hui quelle est votre motivation ?

L’état du monde.

Le courant artistique que vous préfèrez ?

Le courant d’eau.

La qualité que vous préfèrez chez un artiste ?

Pouvoir parler d’autre chose que de son travail.

Ce que vous redoutez le plus chez un artiste ?

Rien.

Quel est le rôle du Centre de la Photographie de Genève?

Le CPG est, depuis 2001, un laboratoire de recherche qui élabore de nouvelles formes afin de présenter et penser la photographie en lien avec les autres arts et l’ensemble de la société contemporaine.

D’après Florian Ebner, conservateur en chef du cabinet de photographie du Centre Georges Pompidou à Paris, le CPG est l'un des lieux de référence en Europe pour la photographie contemporaine.

Que pensez-vous des foires dédiées au medium photographique ?

Je pense qu’à force de parler uniquement des artistes qui sont dans le marché, on oublie un peu trop vite ceux qui n’y sont pas. 

Quelle est la place aujourd’hui sur le marché de l’art pour la photographie ?

Fluctuante. Nous sommes par exemple en train d’assister à un regain d’intérêt après une dizaine d’années de négligence. Tout cela n’a pas grande chose à voir avec une qualité quelconque artistique.

La tendance est-elle au numérique ou à l’argentique ?

C’est le mix qui règne. 

Quel est votre prochain important projet ? 

OSMOSCOSMOS, plus de 100 artistes avec des œuvres qui ont trait à l'Eros et au cosmos.

L’oeuvre d’art est-elle un objet sacré ?

“Sacré” est un terme réligieux. Si vous faites allusion au sens évoqué par Karl Marx qui traite du fétichisme de la marchandise, alors oui. 

Quelle est pour vous la ville la plus artistique ?

J’ai grandi dans les années 1970 à Zurich. Il y avait Anton Bruhin, Walter Pfeiffer, Manon, Urs Lüthi, Nasal Boys, Klaudia Schifferle, Kleenex, David Weiss, Lisa Enderli, Dieter Meier, Ursula Hodel, Pjotr Kraska – Roi de Zurich, etc. Très peu s’y intéressait. Aujourd’hui, Zurich tient une réputation globale. Vous ne savez jamais quand une situation se forme pour dire qu’il s’agisse d’une ville artisitque, si vous entendez par ce terme de “ville artistique” une scène.

Par ailleurs, en règle générale, lorsqu'on applique la formule, alors la scène s’est déjà déplacée. 

Que seriez-vous sans l’Art ?

Un Sans art