
Art\Genève 2026 - 14ème édition
Pour cette 14e édition d'Art Genève, plus d'une centaine d'exposants dont 81 galeries exposent à Palexpo du 29 janvier au 1er février 2026.
Fidèle à son esprit à la fois professionnel et accessible, le salon confirme sa place singulière dans le calendrier international des foires, en proposant un format à taille humaine qui privilégie la qualité des propositions et la diversité des regards.
14e édition de Art Genève. Au rendez-vous de ce début d’année pour la saison des foires, une trentaine de galeries suisses – dont dix-huit ayant pignon sur rue à Genève – côtoient une vingtaine de galeries parisiennes de renom, ainsi que plusieurs enseignes italiennes, autrichiennes, bruxelloises et londoniennes. Hors Europe, la présence de Rosenberg & Co. (New York), Tang Contemporary Art (Hong Kong) et de la galerie coréenne Lee & Bae témoigne de l’ancrage international désormais bien établi d’Art Genève.
Une quinzaine de solo shows sont présentés par les galeries au sein du salon. Le Prix Solo Art Genève, désormais soutenu par Piaget, a été décerné cette année à l’unanimité du jury à la galerie londonienne Maximilian William pour sa présentation du travail de Reginald Sylvester II. Deux œuvres issues du stand lauréat seront acquises et offertes au MAMCO de Genève, renforçant une nouvelle fois le lien étroit que le salon entretient avec les institutions locales. Le Prix Mobilière, doté de 30’000 francs et destiné à soutenir la jeune création suisse, met quant à lui en lumière les artistes Monika Emmanuelle Kazi, Lorenza Longhi, Yoan Mudry, Anita Muçolli, Cassidy Toner, Gaia Vincensini et Ilaria Vinci, réunis sur un stand collectif. Enfin, les institutions et espaces d'art occupent une place essentielle dans cette édition, avec 27 participants au total. Deux nouvelles collaborations suisses viennent enrichir le parcours, notamment avec le Musée Barbier-Mueller et la Fondation Jan Michalski.

Place à la visite !
À quelques pas des escalators permettant d’accéder au Salon, la grande sculpture Le Rocher de Cassandre Albert – composée de profils de plastique recyclé, de métal, de bois et de chaume – qui déploie une présence presque organique, entre architecture fragile et refuge précaire. Cette œuvre est présentée dans le cadre du programme Sur-mesure, quidéploie plusieurs œuvres monumentales ponctuant la visite. On y croise aussi une grande fresque de Jacques Villeglé présentée par la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, ou encore l’imposant White Snow Head de Paul McCarthy, exposé par Hauser & Wirth. Ces interventions à grande échelle renforcent l’idée d’un parcours vivant, où la déambulation fait pleinement partie de l’expérience du salon.


Près de l’entrée, la galerie Tornabuoni Arte ouvre le bal avec son stand consacré à l’art italien de l’après-guerre. Lucio Fontana, Alberto Burri, Alighiero Boetti, Giorgio Morandi ou encore Giorgio de Chirico composent un accrochage élégant, rappelant la solidité historique de cette maison florentine.
À côté, chez In Situ – fabienne leclerc, les œuvres se répondent dans une grande richesse de médiums. Sculptures en cheveux de Meschac Gaba, paysages lumineux de Daniele Genadry, tapisserie de Renaud Auguste-Dormeuil, plusieurs pièces de Mark Dion au naturalisme décalé : l’ensemble compose un stand dense, foisonnant, traversé par une réflexion sur la mémoire, le collectionnement et les récits culturels.

La célèbre galerie zürichoise Hauser & Wirth montre des œuvres historiques de toute beauté. Une encre de Henry Moore, des photos de Cindy Sherman, des graphites de Lee Lozano et la Merde d’artiste de Piero Manzoni. Il y a également une vidéo récente de Pipilotti Rist et une très belle gouache de Philip Guston.

Quelques exposants plus loin, aux murs de la galerie Templon, on admire les peintures de Martial Raysse, Philippe Coignée ou Martin Barré. On peut également y voir l’installation de fils de laine rouges et noirs de la japonaise Chiharu Shiota.

En face, dans la galerie Eva Presenhuber, des sculptures des artistes suisses Ugo Rondinone, Valentin Carron et Fischli & Weiss, ainsi q'une œuvre de l’artiste américain conceptuel Adam Pendleton sont à voir. Les visiteurs pourront découvrir plusieurs tableaux de Sam Falls qui crée son propre langage formel en entremêlant les paramètres fondamentaux de la photographie, le temps et l’exposition avec la nature et ses éléments en peignant avec des pigments ou en utilisant la céramique.


Le stand de Skopia / P.-H. Jaccaud propose un remarquable solo show de Pierre André Ferrand, artiste genevois vivant entre Genève et le Jura. Son travail, volontairement dépouillé, explore une forme de minimalisme habité, où la matière, la surface et le silence jouent un rôle central. Formats variés, toiles brutes, gestes retenus : tout semble tendre vers une forme d’essentiel. Deux petites œuvres représentant le cœur transpercé de Jésus et celui de Marie introduisent une dimension spirituelle discrète mais profonde. Autour de cette présentation, les piliers historiques de la galerie – deux magnifiques Franz Gertsch, un délicat Erik Bulatov aux rouges et bleus vibrants, ainsi qu’une œuvre de Gilles Furtwängler – composent un ensemble traversé par un fil conducteur clairement inspiré par la nature.

Tout près, l’ESPRESSOBAR, une installation immersive du Swiss Institute de New York signée par les artistes grecs Theo Triantafyllidis et Polina Miliou, ainsi que l’artiste islandais Egill Sæbjörnsson interpelle. Pensée comme un espace hybride entre œuvre participative, performance et lieu de sociabilité, cette taverne futuristico-désertique aux allures de décor de science-fiction brouille les frontières entre exposition et commerce. Les visiteurs y commandent un café tout en devenant, parfois sans le savoir, acteurs d’un scénario en perpétuelle mutation, où les gestes, les conversations et la caféine elle-même participent de la chorégraphie générale. À la fois décalée, ludique et étonnamment réfléchie, l’installation interroge nos rituels collectifs et notre rapport aux mondes artificiels, dans une expérience immersive aussi joyeuse que déroutante.


La Fondation Antoine de Galbert laisse carte blanche à l’artiste japonaise Nobuko Tsuchiya, qui investit l’espace de ses installations, sculptures, objets en fil de fer enrobé de coton, de résine. À partir de matériaux de rebuts, elle compose des microcosmes instables, presque animistes, évoquant un monde en déséquilibre. Tables couvertes de cire, structures fragiles, mobiles brinquebalants : l’ensemble dégage une atmosphère à la fois fantasque, sensible et poétique où le monde retrouve un sens après l’histoire traumatique du Japon.

En face de la Fondation, à la Galerie Papillon, plusieurs artistes dialoguent autour de pratiques mêlant dessin, textile et collage. Valent notamment le détour les œuvres de Catheryn Boch – dont le travail évoque entre autres les parcours migratoires de femmes – qui conjuguent broderies, images intégrées dans le tissage et techniques mixtes.


Un peu plus loin, la galerie DANYSZ présente dans l’un de ses espaces un solo show de Guillaume Legros, alias Saype, connu pour ses fresques monumentales éphémères réalisées en plein air et documentées par la photographie. Son travail, entre street art et land art, joue avec les effets d’illusion et de trompe-l’œil. Le stand accueille également trois autres peintres aux univers très contrastés : Charles Hascoët, avec ses autoportraits mélancoliques et ses natures mortes d’objets contemporains iconiques ; Cécile Cornet, dont les figures féminines rouges, ornées de strass et de broderies, interrogent les représentations du corps ; et Rakajoo, qui propose des scènes urbaines aux cadres irréguliers, peuplées d’anonymes.


Juste à côté, Blue Velvet présente entre autres deux jeunes femmes artistes. L'artiste espagnole Mónica Mays artiste travaille entre Madrid et Zurich. Sa pratique multidisciplinaire mêle sculpture et installation à l'autobiographie, à l'expérimentation matérielle et à la recherche historique. Marie Matusz, artiste française basée à Bâle et Berlin, explore la manière dont les formes façonnent notre compréhension de la perception, du temps et du sens. À travers la sculpture industrielle, elle crée des environnements stratifiés qui explorent l'équilibre fragile entre vulnérabilité et résilience créant des espaces de réflexion où passé et futur convergent. Elle a bénéficié d’une exposition personnelle à la Kunsthalle de Bâle.

Les œuvres d’Adrien Chevalley, exposée chez SALTS, retiennent l’attention. Issu d’une famille de potiers, l’artiste veveysan développe une pratique sculpturale en grès, donnant naissance à des figures insectoïdes en bas-relief. Entre science-fiction rétro-futuriste et archéologie imaginaire, ses miniatures céramiques dégagent une présence étrange et singulière.

À la galerie Les filles du calvaire, deux femmes. Les pièces de verre et de vitrail de Clara Rivault mêlent avec poésie la mythologie au monde réel et dialoguent avec les œuvres de Kate MccGwire. Particulièrement proche de la nature et de la faune – elle vit d’ailleurs sur la Tamise dans un bateau – le médium principal de cette dernière sont les plumes. Elle choisit minutieusement les parties spécifiques des corps des différents oiseaux pour créer les formes musculaires et ondoyantes de ses œuvres sculpturales.

Juste en face, dans le stand Edition VFO, une pièce de Julian Charrière se distingue par sa force conceptuelle et matérielle. Cette photolithographie de volcan a été imprimée à partir de pigments composés de roches volcaniques, de lave et de basalte ; le cadre lui-même est taillé dans la pierre volcanique. Une œuvre saisissante, où le sujet et la matière ne font littéralement qu’un.

Première participation à Art Genève pour La Galerie 38 avec Abdoulaye Konaté, Barthélémy Toguo et d’autres artistes de l’exposition Le Manifeste des Possibles, qui est également en cours à l’adresse genevoise. Juste à côté, on peut voir chez Fabienne Levy une sculpture de Séverin Guelpa, des peintures d’Aimée Moreau ainsi que plusieurs œuvres de Vanessa Safavi, dont les constellations cosmiques scintillantes, réalisées à partir de silicone pigmenté et de paillettes, évoquent des paysages célestes.

La Ritsch-Fisch Galerie met à l’honneur l’Art Brut avec de superbes dessins d’Aloïse et un Wölfli, aux côtés d’un solo show consacré à ACM et à ses sculptures. À la galerie Wilde, de puissantes photographies noir et blanc de Pieter Hugo imposent leur présence avec sobriété. Chez Karma International, Hans Josephson, Valie Export, Ser Serpas et Meret Oppenheim côtoient l’artiste genevoise Sylvie Fleury.

Chez Lovay Fine Art, les splendides photolithographies de Gretta Sarfaty côtoient de beaux ensembles de John Armleder. À la galerie Mezzanin, le solo show dédié à Diego Cibelli séduit par sa délicatesse et son raffinement. Un peu plus loin, le stand de Simon Studer Art plaît par son atmosphère chaleureuse et la qualité de ses œuvres : un beau Alberto Burri, un Louis Soutter remarquable, de grandes photographies de Balthasar Burkhard, des sculptures de Prune Nourry ainsi qu’une œuvre de JR.

En face, l’élégant stand de Catherine Duret attire immédiatement le regard. Sur des murs immaculés traversés par une bande bleu tendre dialoguent des œuvres majeures de Jean-Charles Blais, Miriam Cahn, Andy Warhol, Zoran Mušič, Gilberto Zorio, Dan Walsh ou Max Ernst. Un sublime Giorgio Morandi complète l’ensemble. À noter, fait suffisamment rare pour être souligné, que la galerie affiche directement les prix sur les cartels.

Derrière, juste à côté de l’installation miroitante de John Armleder du Musée d’Art et d’Histoire, Pace Gallery propose un solo show de Michal Rovner, composé d’œuvres vidéo où de minuscules silhouettes humaines déambulent dans de vastes paysages peints, créant une impression de distance, de fragilité et de temps suspendu.

Découverte extraordinaire dans la galerie Louis & Sack de Paris, dont c’est la première participation à la foire genevoise. Rebecca et Aude, directrices de la galerie se concentrent sur les artistes japonais de la Nouvelle École de Paris (1950-1975) et l’art coréen du XXIème siècle. Un solo show met à l’honneur le travail de Seungosoo Baek, né en Corée du Sud et arrivé en France il y a 20 ans. Influencé par Soulages, Cy Twombly et Antony Gromeley, il aime le noir. Ses tableaux sculptés avec et dans le polystyrène sont remarquables. Ils sont de l’ordre de la fragilité, du modelage, du temps suspendu à tirer des lignes droites avec un matériau qui n’a d’intérêt que celui de protéger. L’artiste inverse sa fonction, la destruction devient création.

Chez Ditesheim & Maffei Fine Art, un Zoran Mušič datant des dernières années de la vie de l’artiste impose une présence silencieuse et poignante, tandis que trois photographies de Béatrice Helg accueillent le visiteur à l’avant du stand.
La Galerie Christophe Person présente Mamadou Cissé qui dessine avec des feutres les villes de ses rêves, des projets architecturaux utopiques, des environnements imaginaires pour un futur gai et agréable du monde moderne en y ajoutant toute une palette de couleurs vives et de grandes fenêtres. Il puise son inspiration dans des livres ou des photographies, dans ses voyages à travers l’Europe.
La Galerie Dutko consacre son stand à Monique Frydman, grande coloriste française, dont la technique singulière – pigments mélangés au liant directement sur la toile puis recouverts de pastels – produit des surfaces vibrantes et profondément sensorielles.

Juste en face, Rosa Turetsky Art Contemporain présente quant à elle des sculptures de pierre de Philippe Barde, une grande main en marbre translucide de Vincent Du Bois, ainsi que les plaques gravées en laiton ou en marbre de Sandrine Pelletier.

L’artiste le plus jeune de la foire se trouve sans doute chez Kissed then Burned. À seulement 25 ans, Finn Massie, peintre de formation classique, brouille les frontières entre peinture et dessin, mêlant souvent les deux pour créer des « peintures-dessins ». Il reste fidèle à la toile sur châssis, mais utilise une grande variété de médiums, du pastel à l'huile, à la peinture aérosol, en passant par le crayon de couleur.

À ne pas manquer encore : le MAMCO avec son programme d'acquisition d’œuvres pendant la foire, le Musée d’Art et d’Histoire avec John Armleder, le Musée des Beaux-Arts du Locle, le Centre d’art de Bienne, la Fondation Jan Michalski, le Musée Barbier-Mueller, l’expérience immersive mêlant réalité virtuelle et scènes de cinéma emblématiques du Plaza Centre Cinéma, la Fondation Opale dédiée à l’art aborigène qui présente l’artiste australienne d’origine Wiradjuri Jazz Money, le FMAC, le FCAC, le Centre de la Photographie avec Yvan Alvarez et Bernard Tullen, la Fondation Teo Jakob, les Editions Take5, le designer Philippe Cramer, le Centre d’Art Contemporain Genève qui annonce sa prochaine installation au 1 rue de Chantepoulet, L’Arcade durant les travaux de rénovation jusqu’en 2029, la prochaine ouverture d’un Musée de la Bande dessinée au Grand Saconnex à la Villa Sarasin, les écoles d’art suisses, le Swiss Institute et le Grand Théâtre.
Avec plus d'une centaine d'exposants, impossible de mentionner tout le monde, mais avis aux amateurs : il reste encore bon nombre de galeries et d'oeuvres à découvrir.

Pour cette 14ème édition, la directrice Charlotte Diwan définit la place du Salon Art Genève comme un rendez-vous majeur du paysage culturel et artistique suisse dans un contexte économique et géopolitique incertain. La Suisse et la Genève internationale du bout du lac conservent un rôle important sur le marché de l’art grâce à sa stabilité et sa neutralité.
Loin de l’effet catalogue, ce Salon à taille humaine a le charme d’offrir au regard, des œuvres de qualité aux collectionneurs et amateurs d’art et de créer de belles rencontres artistiques en ce début d’année. Il se parcourt en mêlant découvertes, confirmations et expériences immersives, et rappelle combien l’art demeure un espace essentiel de rencontre, de réflexion et de plaisir partagé.
https://www.artageneve.com/lieu/galeries/art-geneve-salon-dart
Dates et horaires
Art\Genève Salon d’Art a lieu du 29 janvier au 1er février 2026 à Palexpo, Genève.
Horaires d’ouverture :
Jeudi : 12h - 19h
Vendredi : 12h – 20h
Samedi : 12h - 19h
Dimanche : 12h - 18h



