
BAC – Dans les coulisses du chantier du Bâtiment d’art contemporain
Dans les coulisses d'un chantier. Le Bâtiment d’art contemporain (BAC) entre dans une nouvelle phase de son histoire. Lancée en mars 2025, sa rénovation doit permettre de préserver ce patrimoine architectural tout en adaptant ses espaces aux besoins des institutions qui l’occupent.

La visite s’est déroulée en présence de Marjorie de Chastonay, vice-présidente du Conseil administratif chargée de l’aménagement, des constructions et de la mobilité Joëlle Bertossa conseillère administrative chargée de la culture et de la transition numérique, Lionel Bovier directeur du MAMCO, Marie Debat du Centre d’art contemporain, les architectes Johannes Kuehn et Cornélia Volkringer du bureau CCHE.

« Il s’agit d’offrir une nouvelle vie et de nouveaux usages à un immeuble construit initialement pour des activités industrielles. » Marjorie de Chastonay
Le Département du patrimoine bâti a démarré l’an dernier un chantier d’envergure du côté de Plainpalais. Deux bâtiments de la SIP (Société Genevoise des Instruments de Physique), construits à la fin des années 1930 et 1950, ont été rachetés par la Ville de Genève en 1989 pour accueillir le Bâtiment d’art contemporain (BAC) en 1994. Plus de 30 ans plus tard, le BAC a dû se résoudre à fermer temporairement ses portes, le temps de faire d’indispensables rénovations. La restauration doit préserver l’identité historique de l’ensemble tout en répondant aux exigences environnementales actuelles.
Le projet avance vite.
Le bureau berlinois Kuehn Malvezzi, associé à CCHE Genève, remporte le projet en 2022 et la version finale est approuvée en 2024. Le devis est validé la même année et le permis de construire délivré en janvier 2025. Les travaux débutent en mars 2025.
Le gros œuvre doit être achevé au printemps 2027, et la remise des clés est prévue au premier trimestre 2029, sous réserve du bon déroulement du chantier.
Le chantier est de taille : la façade du BAC s’étire sur 70 mètres de long pour 20 mètres de large.
Le projet prévoit une réorganisation des espaces intérieurs sans toucher à l’enveloppe originale de l’édifice. Une nouveauté : la création d’une entrée commune pour les trois institutions du bâtiment - le Mamco, le Centre d’Art contemporain et le Centre de la photographie.
L’objectif est de faciliter la circulation dans les quelque 10’000 mètres carrés du complexe et d’améliorer son accessibilité, notamment pour les personnes en fauteuil roulant. Le rez-de chaussée devient un immense lieu à se partager. Les emblématiques pavés en bois n’ont pas pu être conservés (trop d’huile, ils sont gorgé d'hydrocarbure) mais seront remplacés à l’identique.


L’intervention architecturale implique des solutions techniques spécifiques. Johannes Kuehn nous explique par exemple qu’une couche fine de béton fibré de trois centimètres d’épaisseur a été coulée au sommet du bâtiment pour stabiliser la toiture et y installer une centrale photovoltaïque de 290 m2. Le bâtiment sera dépollué et l'amiante sera retirée. L’enveloppe thermique sera également rénovée, avec le remplacement d’environ 200 fenêtres à l’identique. Un système de chauffage et d’hygrométrie est prévu pour pouvoir enfin présenter des œuvres modernes dans le Musée d’art moderne et contemporain. Lionel Bovier se réjouit de pouvoir obtenir des oeuvres en prêt, auprès d'autres musées dès la réouverture du Mamco.
Dans l’ensemble la rénovation sera presque invisible, ce qui rajoute de la difficulté au projet. « Les changements seront peu perceptibles », déclare l'architecte berlinois Johannes Kuehn.

Le financement total avoisine les 65 millions de francs, dont un tiers repose notamment sur des apports privés. La Fondation du MAMCO contribue à cet effort à hauteur de 22 millions de francs, tandis que 55 entreprises travaillent quotidiennement sur le chantier.
« 30 ans de réflexion, d’évolutions, de débats. »
Joëlle Bertossa
Pour Joëlle Bertossa, conseillère administrative chargée de la culture et de la transition numérique, ces travaux marquent une étape décisive dans une histoire engagée depuis près de trente ans. – « Il s’agit de créer les conditions d’un nouveau chapitre pour l’art contemporain à Genève ».
« Les espaces prennent leur forme », souligne-t-elle. Le projet concrétise ainsi la volonté de faire du BAC une « maison commune », où les institutions pourront poursuivre leurs missions de « rendre la culture plus accessible » tout en renforçant les possibilités de rencontre avec les publics.
À terme, cette transformation doit assurer la pérennité de ce poumon culturel genevois et permettre aux trois institutions de continuer à produire, faire vivre et partager l’art contemporain dans des espaces adaptés aux enjeux de demain.
À suivre …


