
Marbres du Parthénon
Situé sur l'Acropole, le Parthénon est destiné à honorer la déesse Athéna, protectrice d’Athènes.
Enlevés par Lord Elgin au 19ème siècle, des fragments des frises de Phidias sont conservés au British Museum. Plusieurs comités pour la Réunification des Marbres du Parthénon réclament leur retour. L'Unesco, le Parlement Européen, considèrent le retour des Marbres comme la réparation d'une justice historique.
Introduction
Depuis toujours, le Parthénon est un site sacré.
Son nom signifie en grec ancien : Ὁ Παρθενών / Parthenṓn, littéralement « la salle ou la demeure des vierges ». Situé sur l'Acropole, il est destiné à honorer la déesse Athéna, protectrice d’Athènes.
Commandé par Périclès durant l’âge d’or de la Cité, entre 447 et 438 av. J.-C., Phidias, célèbre sculpteur grec, maître d'œuvre du Parthénon, assuma aussi la supervision de l'ensemble des sculptures, des décors sculptés de l'Acropole d'Athènes.
Le Parthénon dépasse le cadre national grec. Il appartient à l’histoire mondiale de l’art, de l’architecture, de la démocratie et de la pensée européenne. Ses frises racontent un moment fondateur de l’humanité classique.
Prélevés au début du XIXe siècle par Lord Elgin alors que la Grèce était sous domination ottomane, ces fragments majeurs du temple d’Athènes sont aujourd’hui conservés au British Museum. Pour de nombreux Grecs, il ne s’agit pas d’une acquisition légitime mais d’un acte de dépossession culturelle.
Plusieurs comités pour la Réunification des Marbres du Parthénon se sont créés dans le monde et se mobilisent en faveur de leur retour.
Vanna Karamaounas, membre du Bureau Suisse du Comité pour la Réunification des Marbres du Parthénon.

Présentation du Comité Suisse pour la réunification des Marbres du Parthénon :
La finalité du Comité suisse pour la réunification des Marbres du Parthénon
Le Comité suisse a pour objectif de contribuer à la réunion des Marbres du Parthénon, chef d’œuvre de Phidias (5e siècle av. J.-C.) et symbole unique de la culture européenne. Dans un contexte mondial de tensions et de fragilisation des démocraties, réunir les pièces éparses du monument majeur de notre patrimoine culturel européen.
L’histoire de l’enlèvement et du transport des Marbres à destination de Londres s’est déroulée dans des conditions contestables suivant les instructions de l’Ambassadeur du Royaume-Uni Lord Elgin, accrédité en 1801 auprès de la Sublime Porte de Constantinople.
Usant de sa qualité d’Ambassadeur, il réussit à obtenir des autorités de l’Empire ottoman l’autorisation pour ses artistes de dessiner, peindre et réaliser des moulages de certains Marbres du Parthénon. Sans hésitation, le pas fut franchi de la copie à l’enlèvement des pièces originales. Afin de faciliter leur transport, les hommes de Lord Elgin se mirent à scier en deux des dalles de la frise pour les rendre moins lourdes, à arracher des métopes et à démonter des statues du fronton. De la sorte, Lord Elgin qui finançait ses actions en grande partie avec l’argent de sa femme, prit possession de plus de la moitié des sculptures existantes.
Le Parthénon subit de ce fait d’importants et irréparables dégâts, pires que ceux causés par des guerres, des invasions et des conflits religieux au cours des siècles. Abusant de sa position diplomatique, Lord Elgin contribua à mutiler ce patrimoine européen unique et inestimable.
Le navire qui transportait une bonne partie des Marbres coula. Le coût engendré par leur récupération faillit ruiner Lord Elgin, qui fut capturé par les Français et emprisonné pendant trois ans. A son retour en Angleterre, il fut obligé de vendre les Marbres du Parthénon - connus au Royaume-Uni sous le nom de “Elgin Marbles” - au gouvernement britannique qui en fit don au British Museum. C’est ainsi que 90 pièces intégrales du Parthénon sont toujours exposées au British Museum dont 56 des plaques les mieux conservées de la frise du temple, 15 métopes et 19 figures de ses frontons.
Le reste des pièces existantes est exposé à la Galerie du Parthénon du nouveau Musée de l’Acropole, quelques petits fragments se trouvent au Louvre, au Musée du Vatican, ainsi qu’à Copenhague, Vienne, Munich, Würzburg et Cambridge. Le moment n’est-il pas venu de reconstituer ces fragments dispersés?
Notre préférence va à des solutions à l’amiable avec les actuels détenteurs, les retours et la reconstitution de ce chef d’œuvre pouvant comporter des compensations et des échanges d’autres pièces et sculptures de l’Antiquité grecque.

Les actions de Lord Elgin furent contestées à son époque
Même à son époque, de nombreuses personnalités ne manquèrent pas de blâmer la façon dont Lord Elgin avait acquis les Marbres.
En 1812, Lord Byron s’insurgea contre l’entreprise d’Elgin dans son poème narratif “Le Pèlerinage du chevalier Harold”:
Mat est l’œil qui ne pleurera pas en voyant
Tes murs défigurés, tes
autels délabrés enlevés
Par les mains britanniques, qui auraient mieux fait de
Protéger ces reliques qui n’ont jamais été restituées.
Plusieurs députés au Parlement britannique proposèrent que les Marbres fussent retournés dès la libération de la Grèce (1822). A titre d’exemple, le député Hugh Hammersley s’exclama au cours d’un débat à la Chambre des Communes en 1816:
“Je jette le blâme sur le caractère malhonnête de l’acquisition de la collection… au moment où le temple le plus célèbre du monde a été dépouillé de ses ornements les plus nobles…”.
En 1890, dans un article intitulé “Rendez les Marbres d’Elgin”, le philosophe anglais Frederic Harrison écrivit: “De la totalité… Londres expose la moitié de l’original en marbre et l’autre moitié en moulage au plâtre et l’Acropole présente l’autre moitié de l’original en marbre et la première moitié en moulage au plâtre. Il serait certainement plus honnête, si nous respections sincèrement le grand art, de restaurer l’original dans sa totalité…”.
L’insurrection contre l’occupant eut lieu en 1821-22. L’indépendance de la Grèce proclamée par les insurgés, fut officiellement garantie par le Traité de Londres de 1830, signé par la Grande-Bretagne, la France et la Russie. Cependant, les Marbres ne furent pas restitués mais restèrent exposés au British Museum. Deux arguments ont été avancés entre autres : une meilleure conservation qu’en Grèce et un meilleur accès pour les visiteurs. Aujourd’hui, en revanche, le nouveau Musée de l’Acropole recourt à des techniques de pointe et présente les Marbres à la lumière d’Attique, tout en offrant une vue sur le Parthénon.
Pourquoi les Marbres du Parthénon devraient-ils être réunis dans leur contexte originel?
Depuis que la Grèce retrouva sa pleine indépendance en 1830, elle n’a cessé de réclamer le retour des Marbres manquants à leur lieu d’origine. En 1982, Melina Mercouri, Ministre hellénique de la Culture, lança une campagne pour la restitution des Marbres à la Grèce. A son avis:
“La question concerne la restitution d’une partie d’un monument unique que le monde entier a fait sien en tant que plus haut symbole de la civilisation. La restitution des Marbres du Parthénon honorera pour toujours le nom de la Grande Bretagne”.
La moitié des marbres est toujours au British Museum !
Monument incomparable de la civilisation occidentale, aux origines de la démocratie européenne, le Parthénon ne peut être pleinement compris que si ses sculptures existantes sont réunies au même endroit. C’est pourquoi, la réunification des Marbres n’est pas une question grecque. C’est l’affaire de tous les Européens désireux que ce symbole retrouve son intégrité, sa signification et son rayonnement.
Les membres de l’Association internationale pour le Réunification des Sculptures du Parthénon, ainsi que le Comité suisse, sont convaincus que le nouveau Musée de l’Acropole, spécialement conçu pour abriter les richesses de l’Acropole et dont l’emplacement, la taille et la configuration sont proches du Parthénon, constitue le lieu idéal pour réunir tous les objets d’art existants qui ornaient le Parthénon. Animés de cet esprit, nous sollicitons le soutien des autorités britanniques et du British Museum afin de parvenir à une solution à l’amiable qui permette de reconstituer les pièces de notre patrimoine culturel européen.

LE COMITÉ SUISSE POUR LA RÉUNIFICATION DES MARBRES DU PARTHÉNON
Fondé le 8 mars 2008 à Genève, le Comité suisse œuvre pour la réunification des Marbres du Parthénon en cherchant des soutiens et en sensibilisant l’opinion publique en Suisse. Il dispose d’une structure légère reposant sur un noyau de personnalités et de collaborateurs. Peuvent devenir membres du Comité suisse toutes personnes physiques ou morales qui souscrivent aux valeurs et aux buts du Comité.
En Suisse, le Comité représente la source principale d’informations sur les Marbres du Parthénon et sur la nécessité de soutenir leur réunification. A cette fin, nous organisons des conférences, des projections, publions de la documentation et établissons des relations avec des dirigeants suisses.
Au niveau international, le Comité Suisse s’engage activement au sein de l’Association internationale pour la Réunification des Marbres du Parthénon qui réunit 21 associations en Europe et partout dans le monde. Le fondateur du Comité suisse, le Professeur Dusan Sidjanski, a été élu Vice-président de l’Association internationale en juin 2009.
De plus, nous entretenons des contacts étroits avec des organisations européennes et internationales susceptibles d’aider à la réunification des Marbres du Parthénon, telles que l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et l’UNESCO.
Membres du Bureau suisse :
- Professeur Dusan Sidjanski | Président d’honneur
- Professeure Cléopâtre Montandon | Présidente
- Madame Patricia van Gene | Vice-présidente
- Monsieur Fabrizio Micalizzi | Conseiller à la Présidence
- Madame Venetia Chuard
- Madame Vanna Karamaounas
- Madame Christina Kitsos | Maire de Genève
- Madame Florence Kraft-Babel
- Professeur André Hurst
- Professeur Charles Méla
- Me Romanos Skandamis
- Madame Jennifer Stone
- Me Johanna von Burg
LE COMITÉ SUISSE A BESOIN DE VOTRE SOUTIEN !
Si vous souhaitez soutenir nos activités par un don – Si vous souhaitez devenir membre de notre Comité, veuillez écrire à l'adresse : marbres [at] parthenon-suisse.ch


