Mona Brülhart | Brülhart Gallery

by L'Art à Genève
19 novembre 2021

Galeriste à Genève, Mona Brülhart promeut l'art contemporain de femmes artistes africaines.

Votre rôle dans le monde artistique ?

Offrir une plateforme à Genève pour des artistes africaines contemporaines, démontrer leur approche des thèmes d’égalité et du féminisme et ainsi jeter un pont entre les cultures. 

Quel a été le déclic ?

Esther Mahlangu, une artiste sudafricaine que j’ai connue en 2019 quand je travaillais encore pour le HCR et qui m’a tellement impressionnée avec sa démarche que j’ai trouvé qu’il fallait absolument trouver d’autres femmes artistes africaines. 

Aujourd’hui quelle est votre motivation ?

Trouver des femmes artistes prometteuses et travailler avec elles pour que plus de monde puisse bénéficier de leur créativité et que les artistes elles-mêmes puissent vivre de leur art. 

Votre rapport au marché de l’art ?

Le marché de l’art connait bien sûr des excès malsains. Mais j’essaie de le voir aussi comme un besoin essentiel et une manière (pas la pire !) de gagner sa vie. 

Le courant artistique qui vous touche le plus ?

L’art protestataire car je suis une personne profondément politique.

La qualité que vous préférez chez un artiste ?

L’originalité, la persévérance de trouver sa propre expression, le courage de montrer ses pensées et ses émotions les plus intimes. 

Ce que vous redoutez le plus chez un artiste ?

Que je ne puisse pas comprendre son approche, qu’on ne puisse pas communiquer sur ses œuvres. L’art est un language, qui peut nous ouvrir de nouveaux niveaux de communication mais évidemment ça ne marche pas toujours. 

Quel est le rôle d’un musée d’art contemporain ?

De montrer les nouvelles tendances, de nouveaux artistes, d’expliquer l’art et l’approche artistique, de populariser l’art, de conserver l’art pour les futures générations. 

Que pensez-vous de la prolifération des foires d’art contemporain ?

J’en suis heureuse car il y a encore tellement à découvrir, entre autre l’art africain contemporain. Mais je suis aussi consciente que le billet d’entrée augmente sans cesse dans les foires (cf. Art Basel) et ce n’est pas bien pour l’accessibilité. 

Quelle est la tendance aujourd’hui sur le marché de l’art ?

C’est sans doute l’art digitale, VR & AR (virtual reality and augmented reality) les NFT (non-fungible tokens) etc… Cela signifie aussi la popularisation de l’art car aujourd’hui tout le monde peut avoir accès à l’art et participer dans sa création par le biais d’Instagram.  

L’œuvre d’art est-elle un objet sacré ?

Non, mais un objet de valeur sociétal et culturel, qui est parfois difficile à valoriser en terme d’argent.  

Quel est votre dernier coup de cœur ?

L’artiste Angolaise Sandra Poulson, que j’ai découvert à « Liste – Art Basel». Elle présentait une installation magnifique avec des vestes anti-mines pour thématiser le grand nombre de mines antipersonnelles qui se trouve toujours dans son pays. Evidemment les vestes oranges nous rappellent aussi le drame de migration qui se poursuit dans la Méditerranée. 

Quelle est pour vous la ville la plus artistique ?

Paris, car l’art ne se trouve pas uniquement dans les musées mais aussi sur le trottoir. 

Que seriez-vous sans l’Art ?

Impossible à dire car il y a de l’art partout et dans tout !

https://www.artageneve.com/lieu/galeries/gallery-brulhart