David Brolliet

David Brolliet, collectionneur

L'Art A Genève
27 avril 2026

David Brolliet aurait voulu être ambassadeur, il est collectionneur et aime être un ambassadeur de l’art. Sa collection éclectique compte plus de mille oeuvres contemporaines.

L’homme, David H. Brolliet.

« J’aurais aimé étudier pour devenir ambassadeur mais cela ne s’est pas fait. Avec ma passion de l’art, j’ai pu mettre un peu en pratique ce métier. J’ai toujours été un ambassadeur, une personne qui créé les liens, un transmetteur. Celui qui aime partager avec les autres, être en quelque sorte le relais, comme peut l’être un ambassadeur. Je suis un autodidacte, un passionné d’art et ma collection a commencé sans fil conducteur, mais en achetant des œuvres qui me plaisaient. » 

David H. Brolliet est né à Genève le 11 mai 1960.

 « Les artistes sont ma famille ».

La collection David H. Brolliet Comment s'est construite votre collection ? 

« Il y a des stars du marché de l’art et des artistes plus modestes. Ma collection est éclectique.  

J’ai acheté chez les galeristes, les marchands et chez les artistes puis également dans des ventes aux enchères et sur les foires d’art. 

Avant le décès de mon père en 1987, mes moyens étaient modestes, j’achetais à tempérament. Je n’avais pas l’argent que les gens imaginaient que je pouvais avoir avec la famille que j’avais. 

Depuis, j’achète et parfois je revends des œuvres. J’ai la chance d’avoir à présent une situation confortable et j’investis tant par année pour continuer à collectionner, un budget y est dédié. 

En Afrique, j’accompagne quelques artistes pour les soutenir. J’aime qu’il y ait aussi un message politique.

Aujourd’hui, je n’achète plus rien pour la collection sans avoir longtemps échangé avec les artistes. Il faut qu'une œuvre me plaise énormément pour l'acquérir.  Et j’achète dans les foires d’art bien sûr. »

 

 

Comment choisissez-vous les artistes que vous intégrez dans votre collection ?

« Mon rêve c’était d’avoir une œuvre de Roy Lichtenstein. Quand mon père est décédé, j’aurais pu m’en offrir une. Finalement, après réflexion, j’ai décidé de me concentrer sur des artistes peut-être moins connus, mais de ma génération ou plus jeunes.

Le galeriste Pierre Huber m’a fait découvrir et acheter Cindy Sherman, Romuald Azoumé, Olafur Eliasson, …

Je possède d’ailleurs aujourd’hui trois œuvres « Masques Bidons » de Romuald Azoumé. Une de ces œuvres appartenait à David Bowie, le « Fer à Repasser ». Je me suis retrouvé avec David Bowie sur une jonque en Thaïlande, également collectionneur, on a échangé sur l’Art. Quand il est décédé, j’ai acquis le « Fer à Repasser » chez Sotheby’s. J’attache beaucoup d’importance aux moments. On était entre nous, on n’avait pas de téléphones portables à l’époque. Ça m’a fait plaisir de l’acheter en souvenir de ce que nous avons échangé pendant ce voyage.

artgeneve, il y a quelques année, je me suis offert une œuvre historique de Jean Tinguely, sculpteur suisse que j’avais rencontré chez Jean-Paul Barbier-Müller, le collectionneur genevois qui a ouvert le Musée Barbier-Müller. Monique et Jean-Paul Barbier-Mueller ont fondé à Genève un musée pour partager avec le public leur collection, qui compte un grand nombre de chefs-d’œuvre incontournables de l’Antiquité tribale et classique ainsi que de diverses cultures d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques. »

 

 

Quelle importance donnez-vous aux certificats d’authenticité ? 

« Dans le temps on achetait des œuvres avec une poignée de main, sans facture, sans certificat d’authenticité et aujourd’hui on ne peut plus le faire ainsi si on veut revendre un jour. »

Quelques-uns des artistes de la collection David H. Brolliet :

  • Maya Rochat, artiste Suisse
  • John Armleder, plasticien et collectionneur suisse
  • Sylvie Fleury, née en Suisse
  • Nicole Hassler, artiste franco-suisse
  • Hadrien Dussoix, artiste suisse
  • Erwin Wurm, artiste autrichien
  • Morgane Tschiember, peintre et sculptrice française qui s’est formée à Murano
  • Gaetano Pesce, designer italien dont il possède une très grande commode en plastique
  • Cindy Sherman, photographe
  • Romuald Azoumé, artiste du Bénin
  • Slimen Elkamel, artiste de Tunisie
  • Olafur Eliasson, artiste danois
  • Tom Carr, artiste espagnol
  • Ed Ruscha, peintre américain né en 1937
  • Vanessa Beecroft, artiste et photographe américaine d'origine italienne
  • Erika Verzutti, née au Brésil
  • Jean Tinguely, sculpteur suisse
  • Médéric Turay, peintre né en Côte d’Ivoire a fait cette sculpture qui dénonce, par les couleurs, ce que les colons ont volés, l’or, le manganèse, l’argent, … Akwaba (rouge, 2019)
  • Et beaucoup d’autres…

 

 

David Brolliet s’engage pour le Prix Marcel Duchamp.

« J’ai participé à la création du Prix Marcel Duchamp, né en 2000 de l'initiative de collectionneurs d'art contemporain de l'Association pour la diffusion internationale de l'art français (ADIAF). Ce prix a été créé pour récompenser et confirmer la notoriété d’un artiste français ou vivant en France, travaillant dans le domaine des arts plastiques et visuels. »

La collection David H. Brolliet et l’Afrique.

David est président de la chambre de commerce, de culture et du tourisme Suisse-Sénégal. Il découvre le continent africain en 2015 et c’est une révélation en 2016 avec la Biennale de Dakar. Le collectionneur pose un nouveau regard sur l’art, en l’orientant davantage sur une collection qui porte un message et défend des valeurs politiques, humanistes.

 

 

Que deviendra votre collection africaine ?

« Je vais donner ma collection au Musée des Civilisations Noires, Musée d’État pour rassembler l’art du Sénégal au Sénégal. Comme le gouvernement n’avance pas beaucoup dans ce sens, entre-temps, j’ai acheté un espace de 350m2 qui fera office de lieu d’art à Dakar pour présenter ma collection. D’ailleurs, pour la Biennale de Dakar 2022, j’ai reçu des collectionneurs américains pour leur présenter ma collection non pas physiquement, mais virtuellement, en projetant les mille œuvres que je possède. Chaque fois qu’il y aura la biennale à Dakar, j’organiserai des évènements chez moi, des défilés de mode, des rencontres avec des artistes, pour que les gens se rencontrent. J’aimerais être le « bridge », le pont entre les artistes et les collectionneurs, entre les amateurs d’art et les œuvres.

J’aimerais aussi que la collection parte voyager dans des petits villages au Sénégal, dans des bus aménagés avec les œuvres de ma collection, pour que tous puissent découvrir les artistes. J’aimerais que cette collection reste en Afrique. »

« L’art africain en Afrique aux Africains ».

Comment voyez-vous l’avenir de la collection David H. Brolliet ?

« Mes œuvres sont en prêt en continu. Dernièrement au MAMCO pour l’exposition Gerardo De Barros et au Centre Pompidou à Paris. A la Fondation Fernet Branca, à Saint-Louis, les commissaires d’exposition ont choisi 150 œuvres parmi la collection pour l’exposition « 40 ans de passion ! Collection David H. Brolliet, Genève » qui a eu lieu en 2018.

Et sur mes 1000 œuvres, j’en prêterai le plus souvent possible dans le futur.

Je n’exclus pas non plus de créer une Fondation en Suisse alémanique ou en France. »